Certains collectionneurs poursuivent un seul pays. François Fossard poursuit le système tout entier. Le collectionneur français, membre du WPC Club, a passé près de quatre décennies à bâtir une collection de télécartes organisée autour de trois idées : une carte pour chaque technologie dans chaque nation, l’histoire mondiale de la marque Orange, et des cartes SIM neuves et des recharges du monde entier. À cela s’ajoutent une série quasi complète des Publiques françaises et les collections complètes de deux territoires français, Wallis-et-Futuna et les TAAF.

Son principe directeur est d’une simplicité désarmante, une phrase entendue tout au début de sa vie de collectionneur : les cartes, il faut aller les chercher. Il y est fidèle depuis, et son dernier voyage d’acquisition l’a mené jusqu’aux îles Falkland, en février 2026. Comme il se doit, sa carte de membre WPC 2026 porte le thème « Wanderlust, Passion and Curiosity ».
François est arrivé au WPC Club par le PIM, et son histoire traverse beaucoup des personnes et des lieux qui font tenir notre communauté, des légendaires rencontres du SIT de Houilles à des collectionneurs aussi lointains que l’Australie. Nous sommes fiers d’ouvrir notre série Histoires de collectionneurs avec sa voix.
Article Contents
Depuis quand collectionnez-vous et comment cette passion a-t-elle commencé ?
Je collectionne depuis 1986, après avoir vu quelques télécartes d’un autre collectionneur. Comme tous les collectionneurs, je faisais les brocantes, quelques petits achats et divers échanges. À l’époque, j’avais une assez belle collection de timbres-poste et de pièces de monnaie, que j’avais même vendue pour me réorienter vers la télécarte.
Ma collection a réellement commencé au début des années 2000 avec le SIT, le Salon international de la télécarte de Houilles, en France, organisé par Claude Mercadier, hommage à lui. J’ai ainsi constitué une collection quasi complète des Publiques françaises, puis une collection mondiale Pays et Systèmes. Pour cette collection Pays et Systèmes, notamment pour les technologies Tamura et Anritsu, je me suis rapproché de collectionneurs d’élite que je remercie, particulièrement Eric Schuenemann d’Australie.

L’autre moyen qui a permis de constituer une collection diversifiée repose sur les nombreux voyages que j’ai pu faire et que je continue à réaliser. Le dernier en date est de février 2026, pour la carte SIM et les différentes recharges des îles Falkland. À cet égard, je retiens une phrase entendue à mes débuts de collectionneur, devenue une sorte de guide pour collectionner avec diversité : les cartes, il faut aller les chercher. C’était une sorte de prémonition, au vu du contexte actuel où il n’y a quasiment plus rien de nouveau sur le marché.
Un autre moyen d’acquérir des télécartes et de connaître certains collectionneurs a été, et reste encore un petit peu, les sites Internet tels qu’eBay et Delcampe.
Dès le début des années 2000, sentant peut-être venir la fin de la carte à puce, j’ai démarré la collection des cartes SIM neuves et des recharges GSM du monde entier, une collection aujourd’hui quasi complète avec les cartes de 295 pays ou régions autonomes du monde.
La dernière innovation de ma collection est la recherche des cartes, tous systèmes, sur la thématique de la compagnie mobile française Orange, dans tous les pays ayant adopté cette compagnie, soit historiquement une trentaine sur les cinq continents.

Un autre pilier de ma collection correspond aux collections complètes. En plus des cartes publiques françaises, je pense avoir les collections complètes de deux territoires français : Wallis-et-Futuna ainsi que les TAAF, les Terres australes et antarctiques françaises.
Comment décririez-vous votre collection à quelqu’un qui ne connaît pas ce hobby ? Avez-vous une spécialité ?
Cette collection, comme beaucoup d’autres, timbres ou pièces de monnaie par exemple, est un outil très significatif pour réviser et acquérir une belle culture géographique, historique et mémorielle.
Combien de télécartes possédez-vous, et sur combien d’années ?
J’estime avoir une collection d’environ 15 000 télécartes, mais je précise que mon objectif n’est pas le nombre de cartes, mais leur diversité et leur qualité. Sur ce dernier point, j’insiste sur le critère suivant : depuis les débuts de ma collection, j’ai plusieurs fois remplacé de nombreuses cartes dans la recherche de cette qualité dite luxe.

Y a-t-il une carte que vous ne céderiez jamais ?
Ces cartes exceptionnelles le sont pour moi grâce à leur provenance et aux parcours d’acquisition, notamment quatre cartes SIM neuves dont la rareté n’est plus à démontrer.

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans ce hobby ?
En plus de la construction progressive de cette belle collection, à mes yeux, une grande satisfaction est aussi d’avoir tissé au fil des années des liens significatifs avec d’autres collectionneurs des cinq continents, depuis la France jusqu’aux antipodes, en passant par la Chine, l’Australie ou les petites îles du Pacifique.

Avez-vous déjà fait une découverte inattendue ?
Il y en a eu beaucoup, recherchées à un instant précis ou reconnues rares bien des années plus tard. Je pense notamment à une carte SIM Orange d’Inde que j’avais eue au temps de l’âge d’or de Houilles, au début des années 2000, ou à la même carte SIM Orange d’Australie que j’ai eue récemment.
Avez-vous participé au PIM ?
Je parlais précédemment du SIT de Houilles, et c’est l’occasion aujourd’hui de souligner la création du PIM, le Phonecards International Meeting, par Davide Gambardella, et de le remercier de chercher à faire perdurer la télécartophilie.
Comment avez-vous connu le WPC Club ?
C’est à l’occasion de l’organisation récente du PIM, à Milan puis à Turin, que j’ai connu le WPC Club et que j’y ai adhéré.
Qu’espérez-vous trouver dans la communauté du WPC Club ?
Logiquement, j’espère trouver une continuité à cette magnifique collection, maintenant qu’elle se trouve confrontée à l’énorme contrainte de la rareté des cartes et, de fait, des collectionneurs.
Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager ?
Cette collection est pour moi une passion et, même si comme beaucoup de passions elle n’est pas toujours rationnelle, elle reste une source de satisfaction. J’espère pouvoir transmettre cette collection, construite avec beaucoup de temps et d’assiduité, à ma descendance.
De Houilles aux Falkland, François Fossard montre ce que veut dire aller chercher les cartes. Sa collection est un atlas vivant de la technologie des télécartes, et nous sommes heureux de la partager comme premier chapitre des Histoires de collectionneurs. Si son parcours vous parle, le même esprit vous attend dans notre communauté de collectionneurs.